Feed est un roman post-apocalyptique zombie de l’américaine Mira Grant publié en 2010 aux US et en 2012 en France chez les éditions Bragelonne. Feed est aussi le premier tome de la trilogie Newflesh.

 

blog-owly-shit-livre-feed-mira-grant

 

4e de couverture

2034. Il y a vingt ans, l’humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession: se nourrir. Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité, même s’ils doivent y laisser la vie.

Mon avis : un univers cohérent et des personnages inoubliables

Un univers bien travaillé

Depuis plusieurs années les zombies ont la côte, c’est indéniable. J’avoue que j’ai un peu de mal à expliquer cet engouement. À la base, je ne suis pas fan de ces créatures. Des sacs de viande ambulants animés par le simple désir de dévorer de la chair fraîche… mouais, pas très engageant. Mais depuis l’arrivée de la série Walking Dead sur les écrans (donc depuis un certain temps déjà), j’ai reconsidéré mon avis. Les zombies en tant que tel me font toujours ni chaud ni froid. En revanche, ce sont les conséquences de leur existence sur le monde et les rapports humains qui m’intéressent. 

Et Feed tape en plein dans le mille. Ce n’est pas un roman qui parle juste de zombies. C’est un excellent roman post-apocalyptique zombie qui nous nous propulse dans ce que pourrait devenir le monde si les morts décidaient de se relever pour nous picorer la cervelle…et si nous y survivions. Bienvenue en 2034, 20 ans après la première épidémie de zombie causée par la combinaison de deux vaccins. « La bonne nouvelle : nous avons survécu. La mauvaise : eux aussi ». Le ton est donné.

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur a pensé et construit son univers. Au-delà des zombies, c’est la peur qui est omniprésente. Elle est dans les contrôles sanguins devenus le seul moyen de vous éviter une balle en pleine tête (la hantise des diodes rouges en cas de test positif à l’infection), dans les discours des politiques qui s’appuient sur elle pour justifier certaines lois, dans les discours des religieux…bref. Partout. En plus d’avoir une bonne intrigue et de nous donner des sueurs froides, le roman a de vrais messages qui trouvent plus qu’un écho dans notre société actuelle.

 

Des personnages charismatiques

Georgia et Shaun Mason, les deux protagonistes principaux, ont été adopté et ne connaissent que ce monde, ce qui crée un vrai décalage avec le lecteur. Avoir un chien, se rendre au cinéma, faire une balade à cheval, rien de plus normal a priori. Sauf que dans un monde où le seuil pondéral pour se transformer en zombie est de 10 kg et que la peur du contact est viscérale, c’est tout bonnement impensable. Georgia et Shaun ont également un métier : ils sont blogueurs et commencent à se faire un nom dans le milieu. Alors quand ils apprennent qu’ils sont sélectionnés pour couvrir la campagne du sénateur Ryman, leur vie bascule. Le deal, c’est d’offrir la vérité sur le sénateur pour aider le public à se forger une opinion. Sauf que rien ne va se passer comme prévu. Alors que l’aventure aurait simplement du booster leur carrière, elle va les entraîner au coeur d’un complot qui va les dépasser.

Clairement, le duo formé par Georgia et Shaun fonctionne à merveille, chacun ayant un rôle et une personnalité bien marqués. J’adresse une mention spéciale pour Georgia avec qui le lecteur partagera sa tête. Pessimiste, râleuse, sarcastique et sans doute trop sérieuse, c’est aussi et surtout un bourreau de travail et une journaliste intègre. D’ailleurs, la manière dont l’auteur a imaginé le devenir de la blogosphère suite au Jour des morts est bien pensé. Dans le monde de Georgia et Shaun, les journalistes ont perdu de leur splendeur. Les blogueurs ayant été les premiers à affirmer l’existence des zombies et à donner des conseils, ils sont maintenant considérés comme les détenteurs d’une information fiable.

N’oublions pas Buffy Meissonier qui va accompagner Shaun et Georgia dans leurs péripéties. À la fois geek et poétesse, elle apporte un vrai brin de fantaisie dans ce trio. J’ai également beaucoup apprécié certains personnages secondaires comme le sénateur Ryman. 

Alors, on dévore ?

Si vous aimez les zombies, lisez-le.                                                         

Si vous n’aimez pas les zombies, lisez-le.

Feed est un roman qui vous prend aux tripes et qui se lit vite. L’écriture est fluide, entraînante. Les scènes d’action sont dynamiques et bien dosées et les dialogues un vrai régal. L’intrigue est bien ficelée, le suspense est au rendez-vous. Ça m’arrive rarement mais j’ai eu quelques montées d’adrénaline, particulièrement à la fin. Pour finir, j’ai adoré les personnages, même les secondaires. Le fait que le roman soit écrit à la première personne est un choix intelligent qui renforce la crédibilité de ce monde anxiogène où rien n’est jamais acquis, et surtout pas la vie. Bien sûr, Feed n’est pas exempt de défauts (je pense notamment à certaines redondances linguistiques), mais la qualité l’emporte largement sur ces petits détails.

Partagez sur :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *