L’Alchimie de la pierre (The Alchemy of stone) est un roman steampunk écrit par l’auteur russe Ekaterina Sedia en 2008 et publié pour la première fois en France par les éditions Le Bélial’. Il était peu probable que cet ouvrage ne rejoigne pas rapidement ma bibliothèque tant il cumulait de points positifs. Une couverture magnifique signée Nicolas Fructus, une histoire de femme automate sur le chemin de l’émancipation et une discipline, l’alchimie, qui m’a toujours intrigué. Bref, un joli combo en perspective ! Sauf que…

 

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Quatrième de couverture

Soit une ville immense, sombre et secrète, fondée par un peuple minéral plus secret encore — les gargouilles. De mémoire d’homme, les guildes rivales des Alchimistes et des Mécaniciens s’y livrent une lutte d’influence acharnée. Or les Mécaniciens semblent enfin en passe de l’emporter, prêts à imposer sur la cité un ordre nouveau, brutal.

Automate douée de conscience, unique en son genre, Mattie est la création d’un Mécanicien ambigu. Bien qu’émancipée, elle peine à se libérer de l’emprise de son ancien maître, une ombre qui ne l’a pas empêchée, malgré tout, d’embrasser la carrière d’alchimiste. Les gargouilles l’ont chargée d’une mission cruciale : trouver un remède au mal qui les frappe, une inexorable pétrification. Mission que compliquent des événements tragiques : des attentats frappent la ville, tandis que dans ses entrailles couvent les ferments de la révolution…

Mon avis : un roman avec un bon potentiel de départ mais qui laisse insatisfait

 

De bonnes idées…

Comme vous l’aurez sans doute deviné, j’attendais beaucoup de ce roman avant de me plonger corps et âme dans ma lecture. Outre cette mystérieuse ville de pierre que j’ai aimé découvrir touche par touche (ou devrais-je plutôt dire pierre par pierre), le livre avait tout pour plaire.

D’abord, il y a des thématiques d’ordre social que le fond steampunk permet assez bien de mettre en relief. Parmi elles, l’émancipation des femmes à travers le chemin tortueux de Mattie, automate douée d’intelligence, pour s’émanciper de son maître. Si ce dernier lui a permis d’être indépendante à plusieurs niveaux (elle a son appartement, elle exerce le métier d’alchimiste), cette liberté n’est en réalité qu’une longue laisse. En effet, c’est lui qui détient l’unique clé permettant de la « remonter » comme une horloge, chose qu’elle est obligée de subir à intervalles plus ou moins réguliers, faute de quoi elle cesse de fonctionner.

Autre thématique, celle de la lutte du pouvoir que veulent s’accaparer les deux clans rivaux, à savoir les Mécaniciens et les Alchimistes. Cette balance du pouvoir va être ébranlée par des attentats qui vont donner l’occasion à l’auteur d’aborder des sujets divers tels que le racisme envers les étrangers, le remplacement des paysans par les machines, le soulèvement du peuple etc.

Enfin, l’un des autres points du roman que j’ai particulièrement apprécié, c’est le personnage de Mattie. Bien que ce soit une femme de métal, elle se révèle sans surprise bien plus intéressante que ses homologues de chair. On sera sensible (ou pas) à son désir d’émancipation, à sa lutte contre la discrimination qui est double à son égard (parce qu’elle est une machine et une femme), à sa compassion et sa détermination. Quant aux autres personnages, ils peinent à sortir du lot mais je salue l’idée assez surprenante du « fumeur d’âme ».

… mais qui s’essoufflent assez

Malgré toutes ces bonnes idées, ma lecture s’est achevée avec un sentiment d’insatisfaction et une pointe de déception. Je m’explique. Nous sommes face à un roman assez court (260 pages) qui ne permet pas de planter soigneusement le décor. Si l’auteur nous livre plusieurs informations sur la naissance de la ville, l’organisation politique, les différentes populations, tout cela reste assez survolé au final. Il en va de même pour les thématiques que j’ai précédemment citées et qui, plutôt que de faire appel à la réflexion du lecteur, reposent sur un traitement assez basique. Et je ne vous parlerai pas de « l’histoire d’amour » à laquelle je n’ai pas du tout adhéré et qui, selon moi, n’a pas apporté grand chose au récit.

Côté intrigue j’ai malheureusement fait le même constat. L’idée de mettre en scène des gargouilles qui sont à la recherche d’un remède pour lutter contre leur pétrification était bien vue, d’autant plus que ce sont des créatures que j’ai rarement croisées dans mes lectures. Mais je suis là aussi restée sur ma faim. Même chose pour l’intrigue liée aux attentats qui n’a pas réussie à me tenir en haleine.

 

Alors, on se jette dessus ?

L’Alchimie de la pierre est un roman qui promet une belle aventure sur fond steampunk. Personnellement, je n’ai pas réussi à rentrer complètement dedans et mon attention s’est relâchée plusieurs fois, ce qui explique peut-être pourquoi j’ai été un peu surprise à la fin. Malgré tout, ça reste un très beau livre (encore une fois la couverture est superbe) qui offre quelques dialogues poignants qui valent le détour, notamment ceux de Mattie et Loharri.

 

Autres critiques :

Le culte d’Apophis, Blog-O-Livre, Boudicca

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