Seven Sisters (ou What Happened to Monday) est un film de science-fiction réalisé par Tommy Wirkola et sorti en 2017. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir à sa sortie, mais je me souviens que la bande annonce m’avait bien emballée. Le scénario se base sur une thématique déjà bien explorée par la SF : la surpopulation de la Terre et ses conséquences. Avec l’excellente Noomi Rapace en tête d’affiche, j’aI voulu rattraper ce « retard cinématographique ». Autant briser la glace tout de suite : c’est une déception à laquelle je ne m’attendais pas.

 

Synopsis (Allociné)

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Seven Sisters ou le thème de la surpopulation mondiale expédié en 5 minutes

Difficile de démarrer cette critique tellement j’avais envie de croire à ce film et tellement je reste encore sous le coup de la déception. Mais bon, commençons par le commencement.

Seven Sisters s’ouvre sur une introduction d’environ cinq minutes que j’ai trouvé vite expédiée. En 2073, la Terre a bientôt atteint les 10 milliards d’habitants et fait face à une pénurie alimentaire sans précédent. Pour nourrir tout ce petit monde, les scientifiques mettent au point des super OGM, ce qui fonctionne plutôt bien au début. Malheureusement, faire joujou avec la nature c’est souvent se tirer une balle dans le pied et c’est ce qui arrive : la consommation de ces OGM entraîne une hausse des naissances multiples. Pour tenter de résoudre cette nouvelle crise, Nicolette Cayman, militante politique, parvient à faire voter une loi sur l’enfant unique, mais pas que ! Tous les enfants conçus « illégalement » sont désormais arrêtés par le Bureau d’Allocation des Naissances et envoyés à la cryogénisation, soi-disant dans l’attente d’un « monde meilleur ».

Rien que ça. Alors en soi pourquoi pas, cette base de départ n’est pas plus mauvaise qu’une autre. Seulement j’ai trouvé cette introduction un peu rapide. Certes il se passe plusieurs années entre les différents moments narrés, mais l’enchaînement semble trop facile. J’ai personnellement du mal à concevoir qu’une simple militante politique (accessoirement docteur en biologie) puisse faire voter de telles lois d’un simple claquement de doigts. Je ne dis pas que ce n’est pas possible, mais la façon dont tout cela est présenté est quand même peu crédible au final. Ce qui est plus embêtant en revanche, c’est que ces cinq premières minutes sont les seules (hormis celles de la toute fin du film) à parler vraiment de la surpopulation. Alors que je m’attendais à un film où elle serait un enjeu de premier ordre, Seven Sisters l’utilise comme simple prétexte pour raconter une autre histoire où on sent que le réalisateur a juste voulu se faire plaisir.

Des facilités scénaristiques à chaque coin de rue

Du coup, parlons-en de cette histoire. Seven Sisters se concentre sur le quotidien de septuplées qui ont échappé au contrôle du Bureau d’Allocation des Naissances. Comment ? Grâce à un super grand-père ! Plusieurs flashback nous expliquent comment Terrence Settman s’y est pris. Dans l’un d’eux, on assiste à une scène particulièrement glaçante qui marquera les soeurs à vie. Le problème de ces flashback, c’est que là encore tout semble trop facile. Certes il n’y aurait pas d’histoire si Terrence n’avait pas réussi à cacher ses sept petites-filles, mais on a quand même du mal à croire que les autorités soient passé à côté de ça. Deux enfants voire trois bon, c’est peut-être faisable, mais sept ? Scepticisme quand tu nous tiens… Pour éviter qu’elles ne se fassent démasquer, Terrence décide que les sept soeurs (baptisées chacune par un prénom de la semaine) incarneront à tour de rôle une seule et même identité, celle de Karen Settman. Aussi incroyable que cela puisse être, la mascarade fonctionne jusqu’à ce que 30 ans plus tard l’une des soeurs, Lundi, disparaisse.

À ce moment, on bascule plutôt dans un film d’action doublé d’une enquête. Et là, c’est (un peu) le drame. Tandis qu’elles essayent de découvrir ce qu’il a pu arriver à Lundi, les soeurs doivent faire face aux autorités qui ont été mystérieusement informées de leur existence. Le côté positif, c’est que le film connait peu voire pas de temps morts : le rythme est dynamique et les scènes d’action sont plutôt réussies.  Problème : c’est un peu la foire aux incohérences. Non seulement les autorités sont passé à côté de ces sept soeurs pendant 30 ans, mais leur façon de vouloir les arrêter est…disons discutable. C’est toute la crédibilité de ce régime « dictatorial » qui en prend un coup. Bref, le film se poursuit, l’enquête se démêle et je vais m’arrêter là pour ne pas vous spoiler.

 

Des personnages en demi-teinte

Concernant les personnages, Noomi Rapace porte clairement le film sur ses épaules mais j’ai été un peu mitigée. Chaque soeur possède sa personnalité mais on frise tout de même les clichés (la geek, la warrior, la rebelle bougon…). J’y vois d’ailleurs un clin d’oeil à la série Orphan Black dont j’ai adoré la première saison. Ceci dit, ce n’est pas comparable du point de vue du jeu des actrices. Noomi Rapace n’a après tout eu que 2h pour incarner sept personnages et elle s’en sort comme elle peut avec une prestation que je qualifierais de correcte. Pour ce qui est des autres personnages, j’ai trouvé Willem Dafoe juste et touchant dans son rôle de grand-père malgré ses apparitions discrètes. Pour ce qui est de Nicolette Cayman en revanche, elle a quand même un gros bandeau de méchante collé sur le front. Et sinon… c’est à peu près tout ce qui m’a marqué (je ne parlerai pas de l’amoureux très facile à convaincre de s’embarquer dans une galère monstre au nom de l’amour).

 

Je vais quand même essayer de finir sur une note positive : j’ai bien aimé la fin. Sans vous spoiler, elle pose clairement une question que personne n’a envie d’entendre mais qui malgré tout se pose. Quand des problèmes aussi importants que la surpopulation menace l’humanité et la Terre, quel est le (bon) choix qu’il convient de faire ? Devons-nous réagir à l’échelle de l’individu ou de l’humanité ? Et quand seules des mesures drastiques s’imposent, comment les applique-t-on ? Loin d’être un happy ending, Seven Sisters a donc au moins le mérite de poser tout fort les questions qu’on se pose tout bas, sans pour autant prendre position.

Alors, on regarde ou on zappe ?

Seven Sisters n’est clairement pas le film que je m’attendais à voir. J’ai trouvé très dommage l’idée de partir de la thématique importante et inquiétante de la surpopulation mondiale pour au final nous offrir un film d’action qui multiplie les facilités scénaristiques et les incohérences. Si la fin du film ose poser les questions qu’on ne veut pas se poser et auxquelles on veut encore moins répondre, c’est cependant loin d’être suffisant. Ce n’est pas à la fin du film qu’il faut rentrer dans le vif du sujet mais pendant, c’est pourtant évident… Amateurs de science-fiction, passez donc votre chemin : il ne faut clairement pas attendre grand chose de ce côté pour pouvoir apprécier le film.

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